Les femmes qui se plaignent de douleurs thoraciques voient leurs symptômes banalisés alors qu’environ 8 % d’entre elles ont des cicatrices sur leur cœur prouvant qu’elles ont bien fait une crise cardiaque malgré l’absence de blocages dans une ou plusieurs artères coronaires, alerte une étude publiée dans Circulation, le journal de l’association américaine de cardiologie.

Les travaux ont suivi des femmes qui se plaignaient de douleurs thoraciques et qui n’avaient pas de blocages dans une ou plusieurs artères coronaires, typiques chez la plupart des hommes.

Prendre au sérieux les plaintes des femmes

Cette étude américaine suggère que les femmes devraient être davantage prises au sérieux par les professionnels de santé lorsqu’elles se plaignent de douleurs thoraciques, même si elles ne présentent pas les symptômes typiques de crise cardiaque rencontrés par les hommes.

« Trop souvent, on dit à ces femmes qu’elles n’ont pas de problème cardiaque et elles sont renvoyées chez elles au lieu de recevoir des tests et des soins médicaux appropriés« , constatent les auteurs de l’étude.

Les travaux ont suivi des femmes qui se plaignaient de douleurs thoraciques et qui n’avaient pas de blocages dans une ou plusieurs artères coronaires, typiques chez la plupart des hommes.

De « petites crises cardiaques » difficiles à détecter

Celles-ci sont susceptibles de faire de « petites crises cardiaques » du fait d’un dysfonctionnement microvasculaire dans les vaisseaux minuscules autour du cœur. Ce phénomène n’est pas détectable par les examens classiques comme l’électrocardiogramme, indique l’étude.

Des cicatrices cardiaques chez 8 % des participantes

Sur les 340 femmes qui ont subi une IRM cardiaque, 8 % (26) ont montré une cicatrice myocardique, indiquant qu’elles avaient déjà subi des lésions du muscle cardiaque.

Un tiers des femmes n’avaient jamais eu de diagnostic

Environ un tiers de ces 26 femmes n’ont jamais reçu de diagnostic de crise cardiaque, même si leurs examens cardiaques indiquaient qu’elles avaient subi une lésion du muscle cardiaque, pointe du doigt l’étude.

Sur les 179 femmes qui ont subi une IRM de suivi un an après, 1 % (soit 2 femmes) ont présenté une cicatrice myocardique qui n’était pas présente l’année précédente. Elles ont été hospitalisées en raison d’une douleur thoracique, mais n’ont pas reçu de diagnostic de crise cardiaque, indique l’étude.

Inclure d’autres tests diagnostiques pour les femmes

Pour aller plus loin, les chercheurs comptent inclure d’autres types de tests pour mieux diagnostiquer les femmes comme l’évaluation de la troponine, une protéine qui apparaît dans le sang après une crise cardiaque.

À noter que la douleur dans la poitrine irradiant le bras gauche et la mâchoire, caractéristique chez les hommes, est absente dans environ 40 % des cas chez les femmes, selon la Fédération française de cardiologie (FFC).

Ces résultats ont été publiés dans Circulation, la revue médicale de l’association américaine de cardiologie.

Créé le 22 février 2018

Sources :

  • AFP/Relaxnews
  • Women once considered low risk for heart disease shown to have evidence of previous heart attack scars. Cedars-Sinai, 19 Feb 2018 (résumé en ligne).